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Hommes :

- Charles de Blois ou de Chatillon (1319-1364)

- Froissart (vers 1337-vers 1404)
- Raoul De Cahours
- Thomas de Dagworth (1310-1350)
- Jean de Montfort (1293-1345)
Femmes :

- Jeanne de Penthièvre (1319-1384)

- Jeanne de Belleville  
- Jeanne de Flandre ( ?-1378)

Charles de Blois ou de Chatillon (1319-1364)
Duc de Bretagne de  1341 à 1364
 
Fils de Guy de Chatillon, Comte de Blois, et de Marguerite de Valois, sœur du roi de France, Philippe VI, Charles de Blois passe une enfance et une adolescence en multipliant les exercices d’une dévotion assez ostentatoire. Il ne recherche nullement les plaisirs mondains, et sa piété excessive le destine à une carrière d’Eglise. Mais la raison d’Etat l’emporte et, par obéissance filiale, il accepte d’épouser, en 1337, Jeanne de Penthièvre, l’héritière potentielle du Duché de Bretagne. En 1341, lors de la mort de Jean III, Jeanne de Penthièvre s’estimant l’héritière, son mari entend être duc « à cause d’elle », ce que confirme son oncle , le roi de France Philippe VI, et les pairs du royaume par l’arrêt de Conflans su 7 Septembre 1341. Charles de Blois prend la tête de partisans franco-bretons dits Blesistes et va, consciencieusement, essayer de conquérir le trône breton en s’ancrant en Bretagne et en menant, une vie très ascétique empreinte de religiosité. Il ira jusqu’à se flageller et porter en permanence un cilice afin de souffrir dans son propre corps. Militaire inefficace, car il n’a aucune capacité ni de commandement des hommes ni de stratégie militaire, il perd toutes les batailles où il commande et devient prisonnier des Anglais pendant 9 années. Il ne peut réussir à gagner effectivement la couronne de Bretagne et se fait tuer à la bataille d’Auray le 29 septembre 1364, qui termine la guerre de succession. Son procès en canonisation  ayant échoué quelques années plus tard, il ne sera béatifié sur les autels de l’Eglise catholique qu’en 1904.

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Jeanne de Penthièvre (1319-1384)
Duchesse de Bretagne de 1341 à 1364
 
Jeanne de Penthièvre, surnommée la Boîteuse, est la fille unique du frère du Duc Jean III Guy, Comte de Penthièvre décédé en 1331 , et de Jeanne d’Avaugour, Comtesse de Goëlo, morte en 1337. Par son père, elle est petite fille d’Arthur II Duc de Bretagne de 1305 à 1312. Elle épouse en 1337 Charles de Blois et s’estime la véritable héritière du Duché. Elle défend ardemment ses droits pendant la guerre de succession sans jamais capituler et sans céder aux diverses propositions de partage. De son mariage avec Charles de Blois elle aura 4 garçons et 2 filles.

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Froissart (vers 1337-vers 1404)
 

Poète dans le sillage de Guillaume de Machaut, le valenciennois Jean Froissart chapelain de Beaumont, chanoine de Chimay  est surtout réputé comme historien et comme l'auteur de Chroniques dont le témoignage est essentiel pour comprendre l'histoire européenne du XIVe siècle et les péripéties de la Guerre de Cent Ans. Une carrière itinérante, qui le mena aux quatre coins de l'Europe, le mit en contact avec les milieux de cour les plus divers et les mieux informés sur les affaires politiques du temps dont il a maintes fois utilisé les confidences dans son oeuvre : à la cour d'Angleterre où Philippa de Hainaut, épouse du roi Edouard III, l'avait attiré en 1361 comme secretaire, il fréquente les chefs militaires anglais et les seigneurs français emprisonnés à Londres après la défaite de Poitiers ; à la mort de sa protectrice en 1369, il repasse sur le Continent, servant tour à tour Robert de Namur, comte de Hainaut, Wenceslas de Luxembourg, duc de Brabant et le comte Guy de Châtillon, comte de Blois qui fit de lui son chapelain. Ses nombreux voyages le menèrent jusque dans le comté de Foix où il fut bien accueilli par Gaston Phébus.

Rédigées entre 1370 et 1400, et sans cesse remaniées, ses Chroniques, divisées en quatre livres, connurent un indéniable succès éditorial du temps de leur auteur et bien après sa mort : le texte, d'un style enlevé et vivant (surtout le livre III), en est conservé par plus de 100 manuscrits et stimula l'imagination des nombreux miniaturistes qui furent amenés à l'illustrer. L'un des exemplaires les plus somptueusement enluminés du récit de Froissart est celui que se fit exécuter vers 1470-1480 un grand seigneur flamand, Louis de Gruthuse : les quatre volumes de cet exemplaire sont illustrés de 112 miniatures dues aux meilleurs artistes brugeois de l'époque, dont le fameux Loiset Lyédet, auquel sont attribuables les scènes peintes dans les deux premiers volumes. Toutes restituent avec beaucoup de vivacité et dans un style très coloré les évènements dramatiques ou festifs relatés par le chroniqueur.

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Raoul De Cahours
« un mercenaire sans scrupule »
 

Raoul de Cahours, transfuge répétitif - comme il en existe en toute guerre partisane - abandonne, à plusieurs reprises, son parti pour rallier, à prix d’argent, le parti adverse. L’intérêt personnel prime, à coup sur, dans ses changements de fidélité. En fait, un tel militaire s’apparente plus à un mercenaire, voire à un bandit professionnel. Dans le pays de Rais et dans les Marches méridionales de Bretagne, il occupe une position stratégique et ses motivations dépendent plus de calculs économiques que de convictions morales ou politiques. Siméon Luce, l’éditeur des chroniques de Froissart, n’hésite pas écrire dans histoire de Bertrand Du Guesclin : la jeunesse de Bertrand (Paris 1876) : «  Raoul de Cahours est une figure de bandit les plus cyniques qu’offre le XIVèmè siècle, si riche pourtant en types de brigandage. Changer perpétuellement de parti au gré de son intérêt du moment, déjeuner de l’Angleterre et souper de la France, combattre le lendemain ceux qu’on servait la veille, trahir au plus offrant et dernier enchérisseur, tel est le métier que Raoul fait toute sa vie ». Le portrait, des plus sévères, car plus nuancé, on l’a vu, par Michaël Jones, fait comprendre le cynisme d’un personnage, archétype des transfuges de son temps, mettant à profit, pour son propre compte, la guerre de succession de Bretagne.  Par vengeance, en règlement de comptes, à l’encontre d’un capitaine anglais Walter de Bentley, mari de Jeanne de Belleville, qui ne soutenait plus ses revendications financières, Raoul de Cahours, sollicité à prix d’argent pour revenir dans le camp blésiste, tente un guet-apens à Thomas de Dagworth. Ce dernier est visé parce qu’il est le chef suprême des anglais en Bretagne, qui ont réclamé des comptes à Cahours et l’ont empêché d’amasser une fortune par pillage. Mais Dagworth est aussi le responsable militaire des montfortistes et le cousin germain par alliance du roi d’Angleterre Edouard III. Voilà une provocation de taille ! Au-delà de l’assassinat militaire, c’est un meurtre politique. Le massacre-assassinat du lieutenant général du roi d’Angleterre et d’une centaine de ses compagnons se réalise en Août 1350, pendant une trêve normalement respectée par les partisans des deux blocs bretons et leurs alliés. La trahison est évidente. Et, chose à peine croyable, le pape avignonnais, Clément VI - protecteur de la paix pendant une trêve - adresse ses félicitations à la duchesse de Penthièvre, qui, en l’absence de son mari prisonnier en Angleterre, fait fonction de « patronne » des blésistes. Elle n’a vraisemblablement pas commandité cette exécution, mais elle s’en réjouit ouvertement du fait de la personnalité exceptionnelle de Dagworth et de l’intérêt politique et militaire de sa disparition. Elle ne peut oublier que trois graves défaites des blésistes en bataille rangée sont dues au génie militaire du redoutable anglais qui, de surcroît, a vaincu et fait prisonnier son époux. Dés septembre 1350, la mort de Dagworth est fort bien accueillie par le nouveau roi de France,  Jean le Bon, qui témoigne sa gratitude à Cahours. Il ratifie l’accord conclu, fin 1349, entre Cahours et les émissaires blésistes dont Jean III de Beaumanoir, amnistie Cahours pour ses rebellions antérieures contre la France et lui octroie une importante pension annuelle de  2000 livres tournois. Le retour dans le camp franco breton, par la perfidie, est exceptionnellement récompensé. La rencontre de Beaumanoir et de Cahours, l’année précédente, ne pouvait être fortuite. Ce dernier, changeant de camp, devait au moins avoir la certitude de compter sur les troupes franco bretonnes. C’est le rôle du maréchal de Charles de Blois d’en mettre à sa disposition. Les tractations ont-elles été plus poussées à propos de missions plus précises ? Y-a-t-il eu, par exemple, manipulation par l’entourage blésiste du roi de France, à laquelle aurait été mêlé Jean de Beaumanoir, lors de ses entretiens avec Cahours, pour l’entraîner dans le camp franco breton ? Cette manipulation aurait-elle pu aller jusqu’à une demande de gages incluant le meurtre de Dagworth ? Ou bien Cahours l’a-t-il proposé lui-même aux émissaires du roi de France, même s’il avait la volonté et la capacité, de son propre chef, d’éliminer le chef anglais ? On ne peut le prouver, mais se pose la question : A qui profite le crime ? En effet, il est fortement troublant de constater les proximités des dates : une avance financière à Cahours en février 1351 sur la somme promise de 10000 écus, l’embuscade meurtrière tendue à Dagworth en Août et, dés le mois suivant, en septembre, de nouvelles fortes récompenses octroyées par Jean le Bon, dont une grâce pour ses rébellions antérieures. En Janvier 1351 Cahours, peut-être par reconnaissance envers le roi de France ou vraisemblablement pour obtenir de nouvelles gratifications, lui promet de livrer par ruse les villes de Guérande, Vannes et Quimper. Il ne réussira pas à le faire. Il perdra alors la plupart de ses terres du sud-est breton au profit de Bentley et des anglais. Après avoir, un temps occuper Noirmoutier repris aux anglais puis abandonné à un pirate, Maciot de Mareuil, originaire de Nantes, Cahours finira par se faire confisquer ses rares biens restants…par le roi de France. On peut comprendre que la tuerie de Dagworth par un tel aventurier sans scrupule se révèle d’autant plus inopportune et  mal comprise du côté anglo breton. En effet, le chef des anglais  s’efforçait, à ce moment là, de faire enrayer au maximum par ses capitaines les exactions et les pillages envers les habitants, notamment ceux favorables au parti blésiste adverse. La riposte vengeresse ne tarde pas de la part de Robert Bamborough, capitaine anglais de Ploërmel, où il a succédé à Dagworth qui l’honorait de son amitié. Bamborough perdra son sang froid et exercera ses représailles à l’encontre de la population notamment paysanne proche des  garnisons paradoxalement à l’inverse de ce que préconisait Dagworth. C’est son comportement qui sera prétexte au combat des Trente.

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Jeanne de Belleville
La tigresse bretonne
 

Les combats navals se prolongent par des actes de piraterie, tant de la part des franco bretons que de celle d’anglo bretons. Ainsi, Jeanne de Belleville, veuve d’Olivier de Clisson,  exécuté par le roi de France en Août 1343, devient-elle célèbre. A Nantes, elle décroche la tête de son époux, accrochée à une porte, la montre à ses enfants et leur fait jurer vengeance contre les français et leur roi ; D’abord transformée en chef de bande et sommée de comparaître devant le parlement de Paris, elle vend ses bijoux et ses biens, affrète une flotte et part, insaisissable, écumer les mers de la Manche et de l’Atlantique. Installée dans la vengeance, elle poursuit et détruit, sans la moindre pitié, les navires français. Femme-corsaire, surnommée la tigresse bretonne, dénoncée par le pape Clément VI qui porte plainte auprès du roi d’Angleterre, elle finit par faire naufrage. Elle parvient à se réfugier sur une barque avec ses deux garçons dont le plus jeune meurt d’épuisement. Elle est recueillie par Edouard III avec son fils aîné survivant, Olivier, qui après une excellente formation militaire anglaise, fera une carrière fulgurante, successivement comme capitaine montfortiste, capitaine anglais, puis connétable , chef des troupes françaises

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Thomas de Dagworth (1310-1350)
Le «Redoutable Anglais»
 
Envoyé en mission sur le sol breton, sire Thomas de Dagworth s’impose certes comme vainqueur de bataille rangée contre Charles de Blois mais surtout comme lieutenant général en Bretagne du roi Edouard III, de Janvier 1347 à Août 1350. Issu d’une famille de situation relativement modeste, il devient le principal lieutenant de  1336 à 1342, de Humphrey de Bohun. En Octobre 1337 il commence une carrière au service de William de Bohun frère cadet d’Humphrey, parent et protégé du roi Edouard III. Il épouse la sœur de William, Eléonore, petite fille du roi Edouard Ier,  et devient cousin germain par alliance du roi régnant Edouard III. En Juin 1345, Dagworth, âgé de 35 ans, accompagne en Bretagne son protecteur william de Bohun Comte de Northampton nommé à nouveau lieutenant général du roi, après l’avoir été déjà en 1342-13243. Dagworth ne tarde pas à faire ses preuves en rapportant une belle victoire à Cadoret contre Charles de Blois lui-même. En 1346 il remplace Bohun sur le continent comme intérimaire, puis se fera nommé par lettre royale du 10 Janvier 1347 Lieutenant général d’Edouard III. Il triomphe le 20 juin 1347 en bataille proche d’une opération de commando  à la Roche Derrien contre des forces franco bretonnes commandées par Charles de Blois blessé et fait prisonnier en Angleterre. En récompense Edouard III lui offre 25 000 écus. La brève carrière militaire de Dagworth est interrompue, car surviennent de longues années de trêve à partir de Septembre 1347. Il se préoccupe alors de l’administration des troupes en s’efforçant d’éviter au mieux les exactions. Il commande quelques places fortes dont, un temps, celle de Ploüermel puis celle de Brest la plus importante base pour les échanges maritimes.  Possédant de grandes qualités guerrières, administrateur lucide,  il s’efforce de gérer au mieux les difficultés et de réglementer les prélèvements militaires insupportables pour les bretons. Il trouvera la mort avec une centaine de ses compagnons en Août 1350 au cours d’une embuscade tendue par Raoul de Cahours.

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Jean de Montfort (1293-1345)
 
Jean de Montfort est le fils d’un second mariage, en 1294, du duc Arthur II de Bretagne avec Yolande de Dreux, Comtesse de Montfort, ancienne reine d’Ecosse. Il est le demi frère du Duc Jean III qui s’éteint en 1341  sans héritier direct et est l’époux de Jeanne de Flandre. Dés la mort de Jean III, il se fait proclamé à Nantes duc de Bretagne en  mai et refuse le jugement du roi de France accordant par l’arrêt de Conflans du 7 Septembre 1341, le titre de duc à Charles de Blois. S’étant rendu en Angleterre en Juillet, afin de conclure une alliance anglaise, sans rendre hommage lige à Edouard III, il encourt les reproches du roi de France qui le fait arrêter, fin Décembre, puis enfermer à la tour du Louvres à Paris. Prisonnier pendant 39 mois car il refuse de céder au roi de France en abandonnant le duché à Blois, il réussit à s’évader, fin mars  1345, en se déguisant en marchand, puis il passe en Angleterre se mettre sous la protection du roi. Le 20 mai il  reconnaît Edouard III comme son suzerain, en tant que roi d’Angleterre et de France puis lui rend alors l’hommage lige. Début juin, il débarque à Brest avec les troupes anglaises amenées par William de Bohun, lieutenant général royal aidé par Thomas de Dagworth. Mais Montfort n’a pas le temps de reconquérir le duché, car il décède le 20 septembre 1345, à Hennebont, d’une blessure mal soignée.

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Jeanne de Flandre ( ?-1378)
dite Jeanne la Flamme
 

Fille de Louis de Nevers, comte de Flandre, Jeanne épouse, en 1329, Jean de Montfort. Femme exceptionnelle douée d’une grande énergie elle soutient vaillamment son mari. Sachant monter à cheval et manier l’épée elle se bat physiquement. Pendant la captivité de son mari, elle dirige, avec le soutien des Anglais, les troupes montfortistes, et s’illustre particulièrement lors des sièges d’Hennebont en 1342 et 1343. Ayant fait mettre le feu aux campements des franco bretons assiégeant la ville, elle est surnommée Jeanne la Flamme.
Froissart dira d’elle qu ’ « elle avait courage d’homme et cœur de lion » . Sa lutte contre Jeanne de Penthièvre, l’épouse de Charles de Blois fait donner le nom de guerre des Deux Jeanne à cette phase de la guerre de succession de Bretagne. Après la mort de son mari en 1345 elle n’abandonne pas la cause montfortiste dont elle devint la responsable. Minée par les épreuves et les fatigues, elle sombre dans la démence, est recueillie en Angleterre par le roi Edouard III et décède, vraisemblablement en 1378. Du Duc Jean de Montfort elle a un fils, également prénommé Jean, né, pense-t-on en 1340, puis élevé par le roi anglais Edouard III qui le prend sous tutelle avant de lui donner le titre de duc de Bretagne sous le nom de Jean IV le Conquérant et de l’aider à reprendre le duché.

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