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Le Combat des Trente
 
Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant.
Une trêve avait été signée (trêve de Malestroit). Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.
En 1351, Jean III de Beaumanoir, capitaine de la ville de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Bramborought, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. On verra de quel côté est le droit ». La rencontre eut lieu au « chêne de Mi-Voie », entre Ploërmel et Josselin le 26 mars 1351. Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante-deux champions eut toute liberté de se battre comme il lui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. 

« Ainsi fut la bataille juré par tel point,
Et que sans nulle fraude loyaulment le feroint,
Et d’un costé et d’aultre touts à cheval seroint,
Ou trois, ou cinq, ou six, ou toutz, se ilz vouloint,
Sans élection d’armes ainscin se combatroint,
En guise et manière que chascun le vouldroint ».


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Les Combattants
 
Les anglais sûrs de leur victoire arrivent les premiers au « chêne de Mi-Voie ». Le retard des bretons venaient du fait qu’ils s’étaient préparés à la bataille, s’étaient confessés, et avaient reçu l’absolution, la communion, et entendus plusieurs messes.
Les trente et un combattants Bretons

Jean III de Beaumanoir  (CHEvalier)
Huon de Saint-Hugeon (ou de Saint-Yvon)(CHE) 
Jean de Tinteniac, de Bécherel (CHE)
Guy de Rochefort, d’Escoublac (CHE)
Even  Charruel (CHE)
Robin de Raguenel,vicomte de La Bellière(CHE)
Caro de Bodégat ( CHE )
Guillaume de la Marche (CHE) 
Olivier Arrel   (CHE)
Jean Rousselet ( ou Rouxelot) (CHE)
Geoffroy du Bois (CHE)
Guillaume de Montauban (ECUyers)
Alain de Tinténiac (frére de Jean) (ECU)
Tristan de Pestivien  (ECU)
Alain de Kéranrais (devise :Rais bepra) (ECU)
Olivier de Kéranrais (oncle d’Alain) (ECU)
Louis (dit aussi Thibault) Gouyon  (ECU)
Olivier de Fontenay (ou le Fontenoys) (ECU) 
Hugo de Catus (ECU)
Geoffroy de la Roche (adoubé au combat) (ECU)
Geoffroy Poulard (ECU)
Maurice de Tréséguidy (ECU)
Guyon de Pontblanc (ECU)
Maurice Du Parc, De Rosnoen (ECU)
Geoffroy de Beaucors (ou Beaucours) (ECU)
Geslin de Lanloup (ECU)
Jehannot de Sérent  (ECU)
Geoffroy de Mellon  (ECU)
Olivier De Monteville (ECU)
Guillaume de la Lande (ECU)
Simon Richard  (ECU)
Les trente et un combattants Bretons

Robert Bramborough (Bembro)
Robert Knolles (knollys)
Hugues de Calveley( Calverly)
Croquart
Jean Plesanton (Plesington) 
Ridéle dit le Gaillart
Hellecoq 
Jeannequin Toigne ouTaillart
Repefort dit  le Vaillant
Richard de la Lande(ou d'Irlande)
Thomelin Belifort ou Henefort
Hucheton Clamaban
Jeannequin Betonchamp (Betoncamp) 
Rennequin Herouart 
Gaule (Gaultier) Lalmant (l'Allemand ) 
Jean Vuin (ou John Whyn)
Hulbitee  dit  le Vilart  
Hennequin Maréchal (ou Jannequin Le Mareschal)
Thomelin Hualton 
Robinet Mélipart 
Guillaume Isannay (ou Bicquillay) dit le Hardy
Hervé de Luxuaden
Helichon le Musart (paresseux) 
Jean Troussel 
Robin d’ Arès ou Robert Adés
Dango le Couart (James Audeley)
John Dagworth « fier comme un liespart »
Perrot de Comenan (de sable a 3 chevrons d’argent)
Guillon le Gaillard de Pommeret
Raoulet d'Apremont ,de Renac
D'Ardaine ,de Saint-Georges de Reintembault

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Le Combat
 
Première phase

Après avoir parlementé quelque temps, les deux troupes reculèrent chacune de leur côté en se faisant face. Sur un signe, le premier choc entre les deux partis eu lieu. Se fut un corps à corps désordonné (une mêlée dans toute la force du terme). Dans cette mêlée, côté bretons, Jean Rousselet, et un écuyer Geoffroy Mellon furent tués. Even Charruel, Caro de Bodégat, tous deux chevaliers, ainsi qu’un écuyer, Tristan de Pestivien, furent blessés et faits prisonniers. D’ou une notable infériorité des bretons réduits à 26 champions contre 31 anglais.
Suite à une courte trêve, les deux partis sont de nouveau face à face. Indigné par les insultes de Brembo envers Beaumanoir, l’écuyer Alain de Keranrais, lui crie « Comment, vil glouton, tu te flattes de faire prisonnier un homme comme Beaumanoir ! Eh bien, moi je te défie en son nom, tu vas sentir à l’instant la pointe de ma lance ». Il lui en porte en même temps un coup en plein visage, la lance pénètre sous le crâne. Brembo s’abat lourdement. Pendant que les anglais se jettent sur Keranrais, le chef anglais d’un effort désespéré se relève et cherche son adversaire ; il trouve devant lui Geoffroy Du Bois, qui lui lance à son tour sa hache d’armes dans la poitrine. Brembo tombe mort. Cette mort imprévue jette une telle consternation dans les deux partis que la bataille s’interrompt quelques instants.

Deuxieme phase

Croquart, de nationalité allemande, prend alors le commandement des anglais. Il change la technique de combat « Tenez-vous estroitement serrés l’un contre l’autre » pour combattre. Par suite de cette manœuvre, le combat change de face. Jusqu’ici c’était une mêlée, une lutte par petits groupes, sans ordre ni plan. Désormais, c’est un combat régulier. Les champions anglais, forment alors, une ligne impénétrable, contre laquelle les bretons se brisent en laissant de nombreux blessés. Beaumanoir décide alors d’attaquer en même temps de face et sur les deux extrémités. Dans cet assaut féroce, la bande de Croquart finit par céder ; quatre de ses champions (2 anglais, 1 allemand et le breton d’Ardaine) sont tués. Côté breton, Geffroy Poulart et Beaumanoir sont blessés. C’est alors que Geffroy du Boys lance à Beaumanoir assoiffé et affaibli par la perte de son sang, la fameuse apostrophe « Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera ».

Troisieme phase

Croquart voyant le défaut de sa première manœuvre, change de tactique. Il ordonne aux deux extrémités de sa ligne de se réunir en se recourbant l’une vers l’autre en faisant toujours face à l’ennemi. Guillaume de Montauban qui feint de quitter le combat saute alors sur le dos de son cheval, et le précipite sur le terrible rempart des piques anglaises, pendant que lui-même frappe sur les anglais à grands coups de lance. Manœuvre des plus téméraires, qui permit de renverser sept ennemis, puis revenant sur ses pas d’en écraser trois autres. Voyant cela, tous les bretons se précipitent dans la trouée pour se jeter sur leurs adversaires. Sous ce choc, quatre ou cinq des anglais sont tués, les autres sont faits prisonniers. Les bretons dans cette journée ne perdirent, semble-t-il, que trois des leurs : le chevalier Jean Rousselet, les écuyers Geffroy de Mellon (ou Moëlon) et Geoffroy Poulard. Du côté des Anglais, il y aurait eu, une douzaine de morts.

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